Nous sommes le 12 septembre 1974, à Rome.
Ce jour-là, s'ouvre le procès de trois hommes accusés du viol de Franca Viola.
Quelques années plus tôt, en Sicile, la jeune femme avait refusé le « matrimonio riparatore », cette tradition juridique qui effaçait le crime d'un violeur s'il épousait sa victime.
En disant « non », Franca Viola a brisé un pilier de la violence patriarcale, celui du contrôle du corps des femmes par l'institution du mariage et de l’honneur familial.
Comment les sociétés humaines ont-elles, au fil de l'histoire, codifié, ritualisé et légitimé la domination masculine ?
En quoi les violences faites aux femmes s'inscrivent-elles dans des structures politiques et culturelles ?
De quelles manières le corps féminin demeure-t-il, partout dans le monde, un territoire d'affirmation du pouvoir patriarcal ?
Peut-on affirmer que le Paléolithique n'était pas l'enfer misogyne que l'on imagine ?
Par quels mécanismes la sédentarisation a-t-elle structuré l'oppression et le contrôle des corps féminins ?
Est-il justifié de soutenir que cette violence témoigne d'une réaction systémique face à la réappropriation par les femmes de leurs droits ?
Les recherches anthropologiques bousculent nos clichés.
Et si cette domination est une invention culturelle et historique, qu’elle ne repose sur aucun déterminisme biologique, peut-elle être défaite ?
L’humanité, pour survivre, doit-elle être égalitaire ?
Avec Pascal Picq, paléoanthropologue.
« Anthropologie des violences faites aux femmes au XXe siècle » ; Odile Jacob.
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