Nous sommes le 15 août 1939, à Türmitz, dans la région des Sudètes annexée l’année précédente par l’Allemagne.
On est aujourd’hui en République tchèque.
Ce jour-là, Albrecht Bernt se voit délivrer une petite carte de membre de couleur rose.
Albrecht Bernt, qui réside alors au numéro 282 de la rue Adolf-Hitler, a, en effet, adhéré, quelques mois plus tôt, en novembre 1938, au NSDAP, le parti nazi.
Au verso du document rose cartonné, des petits timbres témoignent de la régularité de son engagement.
Quatre ans plus tard, Albrecht Bernt s’acquittera d’une cotisation mensuelle de 50 pfennigs au profit du Secours populaire national-socialiste.
Ces cartes individuelles de membres produites à des millions d’exemplaires par la trésorerie du parti, à Munich, constituent, pour les militants et les militantes, le signe matériel de leur entrée et de leur intégration dans le mouvement.
Outre le règlement d’une cotisation, ce militantisme au jour le jour, est d’abord d’obéir aux ordres.
Mais bien d’autres tâches sont assurées par ces anonymes.
Quelle réalité se cache-t-elle derrière la banalité de ces cartes de membres roses ?
Quelles sont les motivations de ces femmes et de ces hommes qui ont payé leur cotisation ?
Peut-on en dresser un portrait sociologique ?
Quelle est la responsabilité individuelle de celles et ceux qui ont soutenu le régime nazi jusqu’à son effondrement ?
Avec Marie-Bénédicte Vincent, historienne de l’Allemagne contemporaine, professeure à l’Université Marie et Louis Pasteur, de Besançon .
« Histoire du parti nazi – Hommes et femmes dans le NSDAP » ; Passés/Composés.
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