Nous sommes le 22 décembre 1833, à Paris.
Le compositeur Hector Berlioz se souvient d’un concert qu’il donne au conservatoire.
Il écrit :
« J’eus peur de compromettre l’exécution en conduisant l’orchestre moi-même.
Habeneck refusa obstinément de le diriger ; mais Girard, qui était alors fort de mes amis, consentit à accepter cette tâche et s’en acquitta bien.
La Symphonie fantastique figurait encore dans le programme ; elle enleva d’assaut d’un bout à l’autre les applaudissements.
Le succès fut complet, j’étais réhabilité.
Mes musiciens (…) rayonnaient de joie en quittant l’orchestre.
Enfin pour comble de bonheur (…), un homme à la longue chevelure, à l’œil perçant, à la figure étrange et ravagée, un possédé du génie, un colosse parmi les géants, que je n’avais jamais vu, et dont le premier aspect me troubla profondément, m’attendit seul dans la salle, m’arrêta au passage pour me serrer la main, m’accabla d’éloges brûlants qui m’incendièrent le cœur et la tête ; c’était Paganini !! »
« un possédé du génie » écrit Berlioz …
Il se murmure même que l’Italien aurait vendu son âme au diable.
En tous les cas l’évêque de Nice, où le compositeur, meurt en 1840, refusera d’enterrer son corps, il faudra attendre la réhabilitation prononcée par le pape Pie IX, trente-six ans plus tard, pour qu’il soit inhumé, à Parme.
Paganini n’est pas le seul à avoir été accusé de pacte avec les forces du mal.
Les siècles ne sont pas avares en la matière : artistes ou pas, hommes et femmes seront nombreux et nombreuses à être suspecté.e.s.
Pourquoi ?
A quand remonte ce thème du pacte avec le diable ?
Comment a-t-il traversé le temps ?
Avec nous Arnaud de la Croix, philosophe et historien.
« Le pacte avec le diable » ; éd. Racine.
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