Le chanteur et producteur français La Mverte dévoile son deuxième album Media Nocte. Derrière ce pseudonyme se cache le musicien Alexandre Berly qui nous embarque au cœur de ses nombreuses nuits sans sommeil, là où les frontières de la conscience deviennent floues.

L'album Media Nocte, « au milieu de la nuit » en latin, est largement inspiré de ces insomnies, de ces moments suspendus entre éveil et sommeil dont on ne sait jamais s'ils ont vraiment existé. De l'oubli de ses propres rêves aux illusions liées à la privation de sommeil, naissent ces atmosphères musicales un peu étranges tout droit sorties des ténèbres.

Ancien bassiste dans des groupes de punk, La Mverte a ensuite sorti des EPs assez « club ». Ici, sur Media Nocte, il entremêle une dizaine de genres musicaux, parmi lesquels le dub, avec ses basses puissantes et l'utilisation d'effets comme l'écho ou la réverbération, l'ambient, atmosphérique et centré sur les textures électroniques, la coldwave, genre minimaliste avec des synthétiseurs assez froids, ou encore la synthwave, musique rétrofuturiste inspirée des années 1980. Mais pour lui, tous ces genres sont liés.

Il explique : « Il y a beaucoup de dénominateurs communs entre tous ces genres, que ce soit l'utilisation de synthétiseurs, certains aspects du mixage qui favorisent la place de la basse par exemple, ou des traitements avec des échos à bande magnétique. Il y a aussi le côté très home studio : la cold wave à la française par exemple, c'était de la musique très peu réalisée dans des studios professionnels. Il y avait ce côté "fait à la maison", aussi valable pour le dub. Ce sont vraiment des genres qui sont très "amateurs", mais dans le sens artisans et passionnés du terme. »

La chaleur du son préservée

Malgré toutes ces sonorités électroniques, le côté « organique » de la musique est préservé, notamment grâce à l'utilisation d'un matériel de son assez ancien.

« J'utilise notamment un vieux mixeur des années 1970 et forcément, le fait de passer le son à travers cette machine avant de rentrer dans ma carte son, ça ajoute une certaine chaleur et un certain grain qui permettent de préserver ce caractère humain. L'utilisation de bandes magnétiques permet aussi de retrouver un peu cette chaleur d'antan, caractéristique des disques des années 1960 à 1980, parce qu'à l'époque, c'était la norme d'enregistrer sur bande. Mais aujourd’hui il y a aussi des outils qui permettent de simuler ces effets de manière digitale et à moindre coût »,explique-t-il.

Nourri par les influences de The Cure, The Cramps,Tones On Tail et Two Lone Swordsmen, La Mverte puise également dans le cinéma, notamment celui de David Lynch. Avec le morceau « Another Vampire Story », il signe une œuvre en trois mouvements, pensée comme une bande-originale expérimentale.

Entre crépuscule et aube, La Mverte apparaît comme un poète moderne, maudit et tourmenté, sur un dancefloor festif et tellement obscur à la fois.

La Mverte Media Nocte (Canto V) 2025

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