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Entre les États-Unis et le Liberia, Mon Rovîa en quête d'identité dans «Bloodline»

Dela

Sur les réseaux sociaux, les courtes vidéos où il partage sa musique font fureur : 900 000 abonnés sur Instagram et sur TikTok. Fort de cette popularité, et avec déjà quatre EP derrière lui, Mon Rovîa vient de publier son tout premier album, Bloodline. Sur fond d'une folk naïve, il y raconte son passé difficile, sa quête d'identité, mais parle surtout d'espoir.

« À la personne à Londres qui a écouté cette chanson 98 fois en un jour... est-ce que tu vas bien ? Tu veux un calin ? » C'est avec ce genre de messages, accompagnant de courts extraits de ses chansons, que Mon Rovîa a trouvé son public sur Instagram. Ces petites vidéos résument bien l'esprit du chanteur, dont l'un des traits caractéristiques est la douceur qu'il affiche dans ses mélodies et ses textes.

À la recherche de ses racines

La vie de Janjay Lowe (son nom à l'état civil) n'a pourtant pas démarré dans la sérénité. Né à Monrovia, la capitale du Liberia – dont il a depuis adopté le nom comme pseudonyme –, l'artiste aujourd'hui établi dans le Tennessee a grandi en pleine guerre civile. Il n'a jamais connu ses parents biologiques, tous deux morts pendant le conflit. Et s'il a échappé à une vie d'enfant soldat, c'est qu'il a finalement été adopté par des missionnaires évangélistes américains qui l'ont emmené aux États-Unis.

Une histoire difficile, faite de déchirements, et qui ont laissé Mon Rovîa en quête de sa propre identité pendant de longues années. D'où le titre de son album : Bloodline (traduit par « lignée » ou « origines » en français). Une recherche impossible dont témoignent, sur la pochette du disque, la présence de plusieurs silhouettes en négatif, impossibles à identifier. Par-dessus, une petite vignette montre le chanteur tout sourire, lorsqu'il était enfant. Comme s'il voulait faire écho à cette chanson où il raconte un questionnement lancinant : « whose face am I ? » (traduit par « de qui suis-je le visage ? »).

Les mots avant la musique

Les histoires parfois dramatiques racontées par le jeune homme contrastent radicalement avec ses mélodies douces, parfois même légères, à peine mélancoliques. L'instrumentation gentiment folk de Day At The Soccer Fields par exemple, avec ses lignes du ukulele que Mon Rovîa transporte partout, tranche avec le récit d'un massacre perpétré sur un terrain de foot de Monrovia par des enfants-soldats. D'une chanson à l'autre, les mélodies s'entremêlent parfaitement et, il faut le dire, ne diffèrent pas énormément. Car les chansons sont finalement surtout un vaisseau pour transporter les mots du jeune homme.

Mais cette folk naïve – et que certains outre-Atlantique qualifient de « folk afro-appalachienne » – sert aussi à porter le message d'espoir de Mon Rovîa. Car ce qu'il raconte au fil des 16 chansons de Bloodline, c'est qu'il n'y a pas de nuit assez noire pour empêcher le jour de se lever, ni de passé assez lourd pour écraser tout à fait celui qui le porte. Certaines chansons sont ainsi de véritables hymnes à l'espoir et surtout à l'action – comme dans Heavy Foot, où le chanteur clame, comme un défi, « ils ne réussiront jamais à tous nous opprimer ».

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