L'élection présidentielle au Brésil est riche en leçons pour la France, tant les deux camps qui se sont opposés expriment des réalités inconciliables, à savoir une gauche dominée par le wokisme et le bolsonarisme, finalement vaincu par sa trop grande proximité avec le pentecôtisme le plus radical, à la fois moralisateur et imbibé de la théologie de la prospérité. Au bout du compte, la décence commune, représentée par un catholicisme plutôt centriste, a désavoué Flavio Bolsonaro, comme s'il y avait eu un sursaut contre un évangélisme agressif qui a profité à Lula. D'un point de vue tactique, une guérilla algorithmique menée par le député fédéral de gauche André Janones a montré que les boucles WhatsApp, bombardées de messages, pouvaient inverser le cours d'une élection. Le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva a ainsi été réélu à la surprise générale dimanche avec 52 % des voix, soit une remontée de quelque six millions de suffrages entre les deux tours. Si Donald Trump n'avait pas soutenu ouvertement Flavio Bolsonaro durant la campagne, il l'avait reçu à la Maison Blanche en mai. Le président US est prêt à lui accorder un visa. Sébastien Lapaque, journaliste au Figaro, revient tout juste du Brésil, terre fréquentée naguère par un certain Georges Bernanos.
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