Vingt ans, Stéphane Rotenberg a construit la carrière des autres. Thierry Ardisson, Christine Bravo, Frédéric Lopez. Il repérait les talents, il convainquait ses chefs, il les mettait sur l'antenne. Lui, il restait derrière.
Il voulait être animateur. Il ne l'a dit à personne. Il trouvait ça honteux. Un jour, Frédéric Lopez le filme avec un caméscope, juste pour voir. Rotenberg improvise, ne sait même plus ce qu'il a dit, espère que la cassette a brûlé. Lopez éclate de rire : "Tu veux juste me dire que t'es animateur ? Ben, deviens animateur."
26 ans plus tard, il est toujours chez M6. Toujours à la même chaîne, quand tout le métier pousse à changer tous les cinq ans. Sa méthode : avant chaque décision, il retourne voir sa direction, repose la même question, regarde si la réponse a changé dans le temps. Rester n'a jamais été un manque de courage. C'était un calcul.
"Il ne faut pas se mentir à soi-même. Assumer, aller au bout." C'est la phrase qu'il m'a dite en fin d'entretien, et c'est celle qui résume toute la conversation.
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