La France et le Canada ont décidé d'unir davantage leurs forces dans la course mondiale aux technologies quantiques. Le 29 mai, en marge du G7 numérique organisé à Bercy sous présidence française, la ministre Anne Le Hénanff et son homologue canadien Evan Solomon ont signé une déclaration conjointe destinée à structurer cette coopération.


Les deux pays entretiennent depuis plusieurs décennies des liens scientifiques étroits nourris par les échanges entre universités, laboratoires, chercheurs et étudiants.

Cette signature a surtout permis de demander un nouveau cadre politique et industriel à une collaboration déjà bien installée. Quelques jours plus tôt, le 20 mai, Emmanuel Macron avait annoncé un réinvestissement massif de la France dans le quantique et les semi-conducteurs. Dans un secteur dominé par une compétition internationale intense, Paris a choisi de renforcer ses alliances avec des partenaires considérés comme fiables, après avoir déjà conclu un rapprochement comparable avec l'Allemagne.


Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les technologies quantiques exploitent les propriétés très particulières de la matière à l'échelle de l'infiniment petit. Elles peuvent notamment permettre de développer des ordinateurs capables de résoudre certains problèmes hors de portée, des machines classiques, des réseaux de capteurs d'une précision extrême. Et la déclaration franco-canadienne a ciblé ces trois grands domaines. Elle a prévu de soutenir des programmes communs de recherche et développement, de favoriser les investissements croisés et de rapprocher les entreprises de ces deux pays. L'objectif était aussi de participer à la construction d'un marché mondial du quantique fondé sur des règles et des standards partagés.


Autre enjeu central, les compétences. Sans scientifiques, ingénieurs et techniciens spécialisés, les ambitions industrielles restent théoriques. Paris et Ottawa ont donc misé sur des ateliers, des séminaires et des échanges de chercheurs pour former une nouvelle génération de professionnels. Au-delà de la science, cette alliance a porté un message politique. La maîtrise du quantique est devenue une question de souveraineté technologique, mais aussi de sécurité économique.

 Pour Anne Le Hénanff, la coopération avec les partenaires de confiance reste donc indispensable. Les discussions se sont poursuivies dans le cadre du groupe de travail du G7 consacré au quantique, créé sous la présidence canadienne. Dans cette course stratégique, la France et le Canada ont choisi de ne

 pas courir seuls.

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