La France a officiellement rejoint, le 4 juin 2026, le cercle restreint des quatorze pays membres de l’Observatoire SKA, l’organisation internationale chargée de piloter la construction du plus vaste réseau de radiotélescopes jamais conçu. Une adhésion qui a concrétisé cinq années de démarches, depuis l’engagement pris par Emmanuel Macron lors d’une visite d’État à Pretoria.


Le SKA, acronyme de Square Kilometer Array, repose sur deux installations géantes réparties entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Côté sud-africain, 197 grandes paraboles ont été prévues pour capter les ondes radio de moyenne fréquence. Côté australien, 131 000 antennes doivent explorer les basses fréquences, celles qui permettent de remonter très loin dans l’histoire de l’Univers. L’objectif scientifique est immense : observer les premières étoiles, comprendre la formation des galaxies, étudier les pulsars (ces étoiles mortes extrêmement denses qui émettent des signaux réguliers) ou encore sonder les origines possibles de la vie dans le cosmos. Avec un coût supérieur au milliard d’euros, le SKA est devenu l’un des grands projets scientifiques internationaux de la décennie.


L’arrivée française n’a pas été improvisée. Depuis 2018, le CNRS coordonne SKA-France, une coalition réunissant neuf établissements académiques, parmi lesquels l’Inria, le CEA et plusieurs universités. Ce travail de fond a permis à la recherche française de s’inscrire durablement dans le projet. L’industrie française était déjà engagée avant même l’adhésion officielle. En 2025, Bull a obtenu un premier contrat pour fournir une partie du Science Data Processor, le cerveau informatique du SKA. Son rôle : transformer l’immense flux de signaux captés par les antennes en images exploitables du ciel. Le défi est colossal, puisque le SKA doit générer jusqu’à un milliard de gigaoctets de données par jour.


La France s’est aussi investie dans les enjeux de calcul intensif et d’efficacité énergétique, notamment à travers le laboratoire ECLAT et le groupe international SCOOP. Sur le plan scientifique, ses chercheurs participent à treize des quatorze groupes de travail du SKA, avec des responsabilités majeures en cosmologie et sur les origines de la vie.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Podden och tillhörande omslagsbild på den här sidan tillhör Choses à Savoir. Innehållet i podden är skapat av Choses à Savoir och inte av, eller tillsammans med, Poddtoppen.