Tapis rouge dans le Point, cette semaine. Nicolas Sarkozy, souriant, est en Une, avec ce sous-titre : « Nicolas Sarkozy, le grand entretien ». Une longue interview, d’une dizaine de pages, dans laquelle celui qui vient de passer vingt jours en prison, et qui raconte ce séjour dans le Journal d'un prisonnier, est interrogé sur l’âge de la retraite, le pouvoir judiciaire, ou encore le christianisme.

C’est Franz-Olivier Giesbert, l’éditorialiste du Point, qui mène l’interview avec enthousiasme et commence par cette question inattendue : « Aujourd’hui, dans votre situation, la solution la plus logique pour vous ne serait-elle pas de vous présenter à l’élection présidentielle afin de laver dans le suffrage universel l’affront de votre détention ? ». Nicolas Sarkozy répond que « techniquement, c’est impossible ». Il est en effet inéligible. Après cette interview, le Point revient d'ailleurs en détail sur « les batailles judiciaires » de l'ex-président. « Son procès en appel dans l'affaire libyenne s'ouvrira en mars », rappelle l'hebdomadaire, qui constate : « La promotion de son livre pourra le divertir, mais le répit sera de courte durée. Nicolas Sarkozy n'en a pas fini avec les juges, qui auront le dernier mot ».

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« J'ai prié »

Le Canard enchaîné a lui aussi lu le Journal d’un prisonnier, et en livre un compte-rendu beaucoup plus caustique. « Merci, saint Nicolas ! », titre l’hebdomadaire satirique. « Nicolas Sarkozy, ironisele Canard, est sur le chemin de la sainteté. C’est ce qu’on comprend en lisant son Journal d’un prisonnier, qui raconte sa rédemption et la nouvelle vie qu’il compte mener désormais, loin des équipées chez Kadhafi, loin de ses liens sulfureux avec le Qatar, loin de l’affairisme pratiqué frénétiquement depuis son départ du pouvoir ». Le Canard enchaîné ne semble donc pas convaincu par les propos de Nicolas Sarkozy, qui dans son livre raconte notamment son rapport à la foi, quand il était en prison : « J’ai prié, assure l'ancien président, je priais pour avoir la force de porter la Croix de cette injustice ». Déclaration dont l’hebdomadaire satirique s’amuse en ces termes : « Dieu est partout à la prison de la Santé et il n’oublie pas la brebis égarée ».

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Ancien ministre

En France, la fast-fashion est sur le banc des accusés. Et, cette fast-fashion se résume en un mot : Shein. C’est à la Une du Nouvel Obs cette semaine. L’hebdomadaire nous parle d’une « affaire d'État » et nous promet des « révélations sur un lobbying secret ». Car avant de faire office d’ennemi public numéro 1, en France en tout cas, « la plateforme qui reçoit un million de commandes par jour » a courtisé députés et ministres.

Le Nouvel Obs s’en offusque : « Les dirigeants de l’enseigne de fast-fashion ont décroché de discrets rendez-vous à Matignon, pour faciliter leurs affaires en France. Plus dérangeant encore : des représentants bien introduits dans les cercles du pouvoir – l'ex-ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner en tête – ont été grassement rémunérés pour défendre les intérêts du dragon de la mode instantanée ». « Que vient faire un proche du chef de l'État dans ce dossier alors que le Parlement est en train de légiférer ? », interroge le Nouvel Obs. En effet, en mars 2024, les députés sont appelés à se prononcer « sur une proposition de loi, déposée par le groupe Horizons, visant à réguler l'ultra fast-fashion ».

BHV et taxe Shein

Toutefois, le lobbying en faveur de Shein se heurte à la réalité. Avec tout d’abord, la désastreuse installation de la plateforme chinoise au très chic BHV à Paris, installation qui a fait fuir les marques de luxe, mais aussi les clients. Et, ce n'est pas tout : « La riposte s’organise enfin », s’exclame le Nouvel Obs : « L'État demande devant le tribunal judiciaire de Paris, la suspension du site pendant trois mois, pour avoir commercialisé des poupées à caractère sexuel d’apparence enfantine. Et, dans le cadre du chaotique débat budgétaire, les députés ont adopté une "taxe Shein" de deux euros ciblant les petits colis d’origine extra-européenne ». La partie n’est pas terminée pour autant. Shein s’active dans les coulisses à Bruxelles, « un ancien commissaire européen est à la manœuvre, l’allemand Günther Oettinger », explique le Nouvel Obs, qui reste méfiant et qui soupçonne Ursula von der Leyen de manquer de cran sur la question de la fast-fashion. La présidente de la Commission européenne serait « tétanisée à l’idée de provoquer une guerre commerciale avec la Chine ».

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Plaider l'humanité

Enfin, l’Express s’inquiète pour Christophe Gleizes. Le journaliste sportif français, récemment condamné, en appel, à 7 ans de prison en Algérie, ne semble pas avoir bénéficié de l’éclaircie entre Paris et Alger, entrevue à l’occasion de la libération de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, le 12 novembre. « Alger a manifestement opté pour le cynisme », accuse l’Express, qui poursuit : « en se délestant de ses deux prisonniers politiques, le régime algérien se serait privé d’un levier utile dans ses négociations, notamment migratoires et mémorielles, avec la France ». « Tout espoir n’est pas perdu », assure toutefois l’Express : « La possibilité d’une grâce demeure entre les mains du président Abdelmadjid Tebboune. Il faudra plaider l'humanité ; Christophe Gleizes aimerait revoir sa grand-mère Georgette. Elle a bientôt 102 ans.» 

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