GESTIONNAIRES EN ACTION. «Stephen A. Jarislowsky, c'est quelqu'un qui, avec Warren Buffett a été un modèle. Quelqu'un que j'admirais beaucoup», raconte François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital.
Réagissant au décès du célèbre investisseur à l’âge de 101 ans, François Rochon dit avoir quelques points en commun avec Stephen Jarislowsky. «Comme moi, il est devenu investisseur après avoir fait des études en génie. Nous partagions aussi une grande passion pour l’art», relate-t-il.
François Rochon estime qu’il a eu une grande influence sur son approche du placement. «Il avait une approche à très long terme, il était patient, il voulait juste détenir des titres de grande qualité. Il était vraiment très inspirant», dit celui qui a eu l’occasion de visiter la collection d’œuvres d’art personnelle du milliardaire, dont la fortune est estimée à 3,9 milliards de dollars américains par Forbes.
Le président de Giverny Capital ajoute de plus qu’il était généreux et d’une grande gentillesse.
Des valeurs indémodables
François Rochon estime que les valeurs qui ont guidé Stephen A. Jarislowsky tout au long de sa carrière rejoignent les siennes. «Il aimait les actions et a toujours refusé de jouer les spéculateurs. Il était insensible aux modes et aux titres populaires. Il ne divergeait jamais de sa stratégie d’investissement. Il a été un modèle de discipline, de persévérance et aussi d’optimisme», dit-il.
Il précise que l’investisseur croyait aux vertus du système capitaliste et à la philosophie d'investir à long terme dans de «belles» entreprises.
Quel héritage laisse-t-il aux investisseurs?
Si on retrace l'ensemble de la carrière de Stephen A. Jarislowsky, qui s'est étalée sur plusieurs décennies, François Rochon soutient que la principale valeur qu’il a pu transmettre est celle de la patience.
«Warren Buffett et Charlie Munger ont aussi dit cette phrase. Leur recette, c'est de devenir riche, lentement. Malheureusement, beaucoup de jeunes et moins jeunes préfèrent essayer de s'enrichir rapidement. Souvent, ils se retrouvent pauvres rapidement. Je pense que la grande leçon, c'est ça. C'est de viser un enrichissement lent en se fondant sur la discipline et le long terme», dit-il.
Au cours d’une carrière, François Rochon affirme que l’on choisira un nombre de titres, dont certains deviendront de grands gagnants. «La clé, c’est de garder les titres gagnants le plus longtemps possible. Quand on détient un titre pendant 30, 40 ans qui fait plusieurs milliers de pour cent de rendement que ça fait une grande différence pour un portefeuille», dit-il.
Il ajoute que ces valeurs sont intemporelles et constituent des philosophies de placements qui reposent sur de grands principes.
Selon lui, ces principes seront encore valides pour les investisseurs des générations présentes et à venir.
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