GESTIONNAIRES EN ACTION. Un important élément à surveiller d'ici la fin de l'année en Bourse est le probable premier appel public à l’épargne d'Anthropic aux États-Unis. La société est derrière l'agent conversationnel Claude.

L’agence de presse Reuters a révélé cette semaine avoir obtenu une copie du prospectus de l'entreprise qui dit qu’Anthropic cible une valorisation de 2 000 milliards de dollars américains (G$US).

Tout ça malgré des pertes de 8 G$US en 2025.

Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, concède qu’il s’agit d’un nouvelle importante. «Pour le moment, on parle d’une entrée en Bourse après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Il faut comprendre qu’Anthropic est quand même une société assez jeune», dit-il.

Selon lui les documents qui parlent d’une perte de plus de 40 G$US l’an dernier incluent des éléments comptables que l’on peut écarter des calculs.

«Ce qui est vraiment important, ce sont les pertes liées aux opérations. De plus, si on se reporte uniquement au second trimestre de 2026, on ne parlerait plus d’une perte, mais bien d’un bénéfice d’exploitation», raconte-t-il.

Ce dernier souligne également la forte progression des revenus de la société. «On parle d'environ 4,5 G$US de revenus l'année dernière. Or, pour le seul second trimestre de 2026, Anthropic aurait généré des revenus de 11,6 G$US. Sur une base annuelle, on parle de plus de 45 G$US de revenus pour l’entreprise cette année. C’est une croissance exponentielle», affirme-t-il.

Des risques qui font sourciller

La direction a aussi dressé une liste exhaustive de tous les risques liés au développement de ses agents d’intelligence artificielle qui a de quoi faire sourciller même les plus enthousiastes.

On peut, entre autres, citer des «risques catastrophiques et existentiels pour l'humanité». On dit aussi que l'intelligence artificielle pourrait résister à une éventuelle tentative de la débrancher.

Faut-il en prendre et en laisser? «Je pense que oui. Ce n’est pas anormal de voir des listes de risques exhaustives lorsqu'une entreprise fait son entrée en Bourse. Ce qui est peut-être exceptionnel, c'est la nature des risques. C'est rare qu'on va voir un risque existentiel pour l'humanité ou même lire que des systèmes pourraient refuser d’être mis hors service. Toutefois, le risque le plus important est qu’Anthropic s’est engagée à dépenser 500G$US de capacité pour les grands exploitants de centres de données», explique Marc L’Écuyer.

Ce dernier souligne que 80% de ce montant est garanti. «La société devra débourser pour la capacité de traitement des centres de données, même si la demande n'est pas là. C'est un risque qui pourrait se matérialiser si la croissance exceptionnelle qu'on a constatée dans les deux dernières années venait à ralentir», estime-t-il.

 

Comment investir dès à présent dans Anthropic ?

Marc L’Écuyer soutient que quelques options s’offrent déjà aux investisseurs qui souhaiteraient exposer leur portefeuille à Anthropic avant son entrée en Bourse.

Il est, par exemple, possible d’investir dans le fonds négocié en Bourse Destiny Tech100 (DXYZ, 31,39 $US), dont la principale participation (14,4%) se retrouve dans le créateur de Claude, suivie de SpaceX (SPCX, 149,15 $US) à 10,6% et d’OpenAI à 2,6%.

«Pour les investisseurs qui sont accrédités, on peut aller sur des plateformes et acheter des actions d'Anthropic sur le marché privé», dit-il.

Toutefois, pour les investisseurs individuels, la manière la plus simple de posséder une exposition à la société d’intelligence artificielle est de se procurer des actions d’Alphabet (GOOGL, 338,80$US) et d’Amazon (AMZN, 248,42$US), qui possèdent d’importantes participations dans Anthropic.

 

Cote 100 préfère « passer son tour »

Marc L’Écuyer révèle que Cote 100 n’entend pas participer au premier appel public à l’épargne d’Anthropic, estimant qu’il y a encore beaucoup trop d’incertitude entourant la viabilité du modèle d’affaires de la société.

«On a parlé des risques tantôt au niveau des engagements, c'est beaucoup trop risqué pour nous. On va être intéressé si on voit vraiment une certaine maturité dans le modèle d’affaires», affirme-t-il.

 

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