Le Big Five est probablement le modèle de personnalité le plus solide scientifiquement. Si ce modèle n’est pas correct, on peut supprimer tout un pan de la psychologie : le reste n’est pas bon non plus. Dans cette vidéo, je compare mon propre profil à l’évaluation qu’en fait Clara – et réciproquement.
Que mesure le Big Five ?
Le Big Five décrit la personnalité sur 5grandes dimensions : le neuroticisme, l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, l’agréabilité et la conscienciosité. Il y a aussi des sous-domaines, je vous en reparlerai. Ici, on utilise le test NEO-FFI, qui n’adresse que les 5 domaines. On a rempli le même questionnaire chacun de notre côté, puis en essayant de répondre à la place de l’autre.
Votre conjoint vous connaît-il mieux que vous-même ?
Le plus intéressant n’est pas le résultat du test (même si on a parfois des surprises), mais les écarts entre l’auto-évaluation et celle du conjoint. Il y a des dimensions sur lesquelles on est presque parfaitement d’accord. Sur d’autres, beaucoup moins. Attention, il y a un piège. Ce n’est pas parce que les deux parties sont d’accord que c’est vrai pour autant. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a un désaccord que l’un ou l’autre a raison.
Les limites d’un test de personnalité
Les réponses à un questionnaire de personnalité ne font pas office de diagnostic psychiatrique, et ne prétendent pas non plus être une description exhaustive d’une personne. Il mesure des traits de personnalité relativement larges et permet surtout de structurer la réflexion sur la connaissance de soi. De la même façon, regarder quelqu’un sur YouTube ou lire ses publications peut donner certaines informations sur sa personnalité, mais certainement pas assez pour s’imaginer connaître cette personne – et encore moins lui porter un diagnostic.
Comment faire le test
Le document consulté est disponible ici: https://chrisaikenmd.com/wp-content/uploads/2025/01/neo.pdf
La façon correcte de faire le score est celle-ci:
Chaque question est notée de 0 à 4:
* 0 = très faux
* 1 = un peu faux
* 2 = moyen
* 3 = un peu vrai
* 4 = très vrai
Il faut ensuite additionner les scores aux questions pour chacun des 5 domaines :
Les questions marquées marquées d’un astérisque doivent être additionnées à l’opposé (si j’ai 4 à la question, j’additionne en réalité 0, si j’ai 2, j’additionne 2, si j’ai 3 j’additionne 1, et si j’ai 1 j’additionne 3).
Vous avez ensuite les scores pour chaque domaine.
Vous avez ici les scores moyens, les valeurs extrêmes et les écarts-types pour chaque domaine:
Par exemple : 68% des gens ont un score de névrosisme compris entre 25 et 45 (moyenne +/1 un écart-type).
À vous de jouer !
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À lire ensuite – personnalité et regard des autres
* Quels troubles de la personnalité ne devraient plus être dans le DSM ? – Pourquoi les catégories diagnostiques de personnalité ne doivent pas être confondues avec de simples traits de personnalité.
* La “notoriété” – Sur l’écart entre l’image publique d’une personne et sa réalité quotidienne.
Sources scientifiques à lire
* Self- and Observer Reports of Personality – Auto-évaluations et évaluations de la personnalité par des observateurs – Revue de 2025 montrant une concordance élevée entre auto-évaluations et évaluations par des proches, avec des différences selon les traits.
* Who knows what about a person? The self-other knowledge asymmetry (SOKA) model – Qui sait quoi sur une personne ? Le modèle d’asymétrie des connaissances entre soi et autrui – Un papier qui montre que le meilleur évaluateur dépend du trait : le sujet lui-même peut mieux juger certains traits difficilement observables.
* Assessing personality using zero-shot generative AI scoring of brief open-ended text – Évaluer la personnalité par cotation zero-shot de courts textes libres à l’aide d’une IA générative – Étude de 2026 montrant qu’un signal Big Five peut être extrait de récits et journaux vidéo, ce qui nuance l’idée qu’aucune information sur la personnalité ne peut être obtenue à partir de contenu public.
* Why the Big Five personality traits are composites, not common causes: Implications for measurement, prediction, and causal inference – Pourquoi les traits du Big Five sont des composites et non des causes communes : implications pour la mesure, la prédiction et l’inférence causale – Article théorique de 2026 rappelant qu’un score Big Five décrit un ensemble de caractéristiques et ne peut pas être réifié comme une cause unique du comportement.
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