SpaceX se prépare à acheter du gaz naturel comme une compagnie énergétique. L’entreprise recrute désormais un trader spécialisé, capable d’acheter le combustible, d’organiser sa livraison et même de se protéger contre les variations de prix. Derrière cette offre d’emploi se dessine une stratégie beaucoup plus vaste : SpaceX veut contrôler elle-même l’énergie nécessaire à ses fusées, ses usines et demain à son infrastructure d’intelligence artificielle.


Bonjour à toutes et à tous. Le poste peut être basé à Starbase, au Texas, ou à Cap Canaveral, en Floride. Sa mission porte sur le commerce physique et financier du gaz naturel. Ce n’est donc pas simplement négocier une facture : SpaceX commence à internaliser une fonction normalement confiée aux grands énergéticiens.

La première raison tient à Starship. La fusée utilise du méthane liquide extrêmement froid, mélangé à de l’oxygène liquide. Or le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Un seul lancement nécessite environ 2,4 millions de litres de méthane. Aujourd’hui, l’approvisionnement repose largement sur des camions-citernes. Mais si SpaceX veut multiplier les vols, cette logistique devient difficilement compatible avec les cadences envisagées.


L’entreprise prépare donc « Starpipe », un gazoduc d’environ treize kilomètres vers Starbase, ainsi qu’une installation capable de transformer le gaz en méthane liquide. Elle a également signé plus d’une centaine de contrats donnant accès à des droits pétroliers et gaziers au Texas. Et sa présidente Gwynne Shotwell a publiquement confirmé que SpaceX étudiait même la possibilité de forer son propre gaz.


Mais le véritable changement d’échelle vient de l’IA. SpaceX et Tesla construisent au Texas Terafab, une gigantesque usine de semi-conducteurs dont la première phase représente près de 17 milliards de dollars d’investissement. Pour l’alimenter, SpaceX prévoit ses propres centrales électriques au gaz, complétées par de grandes batteries. SpaceX fabrique déjà ses moteurs, ses fusées, ses satellites et bientôt une partie de ses puces. Désormais, elle cherche également à maîtriser l’électricité et le carburant qui alimentent cette machine industrielle.


SpaceX ne devient donc pas encore officiellement un producteur de gaz. Mais sa logique est claire : lorsqu’une ressource devient stratégique, Elon Musk préfère construire la chaîne d’approvisionnement plutôt que d’en dépendre. Avec l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, les frontières entre entreprise technologique, industriel spatial et énergéticien commencent à disparaître.

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