Bonne nouvelle, l'Europe va enfin pouvoir refuser les produits chinois dans ses achats publics. Les bus, les panneaux solaires, les logiciels. Deux mille cinq cents milliards d'euros par an sont en jeu. Le problème, c'est que préférer le "Made in Europe" a un prix, que la Commission s'est bien gardée de chiffrer, et qu'on retrouvera dans nos impôts. Amid Faljaoui nous en dit plus dans sa chronique économique.
Chaque année en Europe, les pouvoirs publics dépensent 2.500 milliards d'euros — soit environ 15% de tout ce que produit le continent. Cet argent, c'est celui de nos impôts : il construit des routes, des hôpitaux, achète des bus et des logiciels. Une force de frappe considérable, dont la Commission européenne a décidé de se servir comme d'une arme. Le texte, porté par l'ancien ministre des Affaires étrangères français Stéphane Séjourné, est clair : quand une commune, une ville ou une région achète, elle ne devra plus regarder uniquement le prix et pourra désormais écarter une offre chinoise.
A priori, c'est une bonne nouvelle. Mais il y a plusieurs réalités derrière cette décision dont on parle beaucoup moins. Le meilleur exemple a été donné en Belgique il y a quelques années : celui des bus. En janvier 2024, De Lijn, la société de transport flamande, avait commandé 92 bus électriques à BYD, le géant chinois de la voiture électrique. Trois mois plus tard, le constructeur belge Van Hool tombait en faillite — 1.500 personnes perdaient leur emploi. La commande chinoise n'a pas tué Van Hool à elle seule, mais le symbole est là. Et la réalité la plus gênante dans tout ça, c'est qu'acheter européen coûte plus cher.
La Commission a calculé au million près ce que sa nouvelle réforme va faire économiser en paperasse administrative. En revanche, on ne trouve nulle part une estimation de ce que la préférence européenne va réellement coûter aux citoyens — et donc aux contribuables. Et le détail le plus révélateur de toute cette affaire : les bus BYD commandés par De Lijn ne venaient pas de Chine. Ils sortaient d'une usine BYD installée en Hongrie.
Que manque-t-il à l'Europe et qui va au-delà d'une loi ou d'un règlement ? Quelle leçon en tirer ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
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