Conférence - Dimitri Laboury : Pour une vision (plus) émique de l'art égyptien : Kunstwollen et choix esthétiques
Dimitri Laboury
Université de Liège
Résumé
Le deuxième exposé vise à explorer ce que l'art égyptien peut nous apprendre pour mieux comprendre la pensée égyptienne. Pour ce faire, il envisage d'exploiter le concept de Kunstwollen introduit en histoire de l'art générale par Aloïs Riegl au début du siècle dernier afin de chercher à préciser le fonctionnement de l'art égyptien dans une perspective émique, soit du point de vue des anciens Égyptiens eux-mêmes. Sera ainsi examinée la relation de l'art égyptien à son contexte fonctionnel (tant matériel qu'immatériel), mais aussi aux formes, à la matière (et aux matériaux) et au mouvement (ou au temps), en combinant sources textuelles et linguistique à l'analyse des œuvres elles-mêmes. L'examen de ces choix esthétiques qui caractérisent l'art égyptien permettra d'éclairer le rapport des anciens Égyptiens au monde et leur mode de penser ce dernier.
Dimitri Laboury
Après une double formation, en histoire de l'art et archéologie et en histoire et philologie orientales (orientation égyptien ancien), Dimitri Laboury a consacré sa thèse de doctorat à La statuaire de Thoutmosis III. Essai d'interprétation d'un portrait royal dans son contexte historique (Liège, 1998). Il a effectué la majeure partie de sa carrière en tant que chercheur du F.R.S.-FNRS, avant que l'université de Liège ne crée une chaire pour ses enseignements en 2023. Ses recherches concernent la culture matérielle de l'Égypte antique et, à ce titre, il a participé à diverses missions archéologiques en Égypte, à Tanis, à Karnak, à Amarna et dans la Nécropole Thébaine, où il a assuré depuis 2010 la codirection de la Mission Archéologique belge, qu'il dirige aujourd'hui. Ses intérêts scientifiques portent tout particulièrement sur l'étude de l'art égyptien, depuis sa création durant l'Antiquité jusqu'à sa récupération dans les différentes cultures qui se sont approprié le modèle pharaonique, y compris au sein de la tradition occidentale. À la faveur d'un Mandat d'impulsion scientifique du F.R.S.-FNRS, il a initié un vaste programme de recherche sur les artistes dans l'Égypte antique et l'étude de leurs diverses pratiques, qui permettent de suivre des individualités ou des mains d'artistes, mais aussi et surtout de comprendre qui étaient ces acteurs-clés d'une société qui a tant investi dans la production artistique. Son objectif scientifique principal est de rendre leur juste place aux notions d'art et d'artistes dans le vocabulaire conceptuel de la discipline égyptologique, ce sur quoi portera sa série d'exposés au Collège de France.
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