Aucune banque n'a voulu la financer. « Jamais personne ne paiera 400 € pour dormir en forêt », lui répétait-on.

Six ans plus tard, son hôtel affiche complet depuis le premier jour.


Anne-Caroline Frey n'avait rien d'une hôtelière. Diplômée de Paris Dauphine et du CELSA, elle passe quinze ans dans les plus grandes agences de publicité parisiennes, côté stratégie média. Puis elle bifurque vers l'art contemporain, créé un réseau de collectionneurs et sillonne la France avec ses œuvres. Puis vers la naturopathie et la sylvothérapie. Et enfin, vers un pari que tout le monde juge insensé.


L'idée naît d'une intuition simple : des citadins veulent renouer avec la nature, sans renoncer à un vrai lit, une douche et une belle table. Le déménagement à la campagne, lui, est déclenché par son fils de huit ans. Elle imagine d'abord quatre cabanes. C'est son mari, entrepreneur, qui la pousse à voir grand et à en faire un vrai business.


Suivent six années de combat. L'administration. Les permis. Et des banques qui la prennent pour une folle, parce qu'elle n'a ni étude de marché, ni concurrent à montrer : elle est en train de créer un segment qui n'existe pas encore. Elle finance tout sur ses fonds propres et grâce à un ami qui croit au projet.


Puis le Covid. En plein chantier, ses 25 charpentiers s'en vont du jour au lendemain. Tout s'arrête pendant deux mois. L'ouverture, prévue au 1er avril, est repoussée au 1er juillet 2020. Et contre toute attente, l'hôtel ouvre à 100 % de taux d'occupation.

Aujourd'hui, Loire Valley Lodges, c'est une forêt privée de 300 hectares à 1 h de Paris en TGV, 35 salariés, 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, une place parmi les Clés Michelin aux côtés des palaces et des châteaux, une satisfaction client supérieure à 9 sur 10 depuis l'ouverture, et un concept copié partout en France.


Dans cet épisode, vous allez découvrir :

➡️ Pourquoi être soi-même convaincu de son projet passe avant absolument tout le reste
➡️ Comment créer un segment de marché plutôt que de se battre sur un terrain déjà saturé
➡️ Pourquoi elle a tout misé sur les relations presse plutôt que sur la publicité
➡️ Les deux paris radicaux (ni wifi, ni enfants) qui ont renforcé son positionnement au lieu de le fragiliser
➡️ Comment protéger l'ADN d'une marque quand tout le monde se met à vous copier
➡️ Pourquoi la nature devient l'un des meilleurs leviers de performance pour les dirigeants


On entend partout qu'à partir d'un certain âge, on ne lance plus, on consolide. Anne-Caroline prouve l'inverse. Et si la prochaine grande idée n'était qu'une question de conviction ?


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