« Voulez-vous savoir jusqu’où peut descendre l’exploitation de la pauvre bête humaine ? Tâchez de venir ici un jour que débarqueront les graviers de Saint- Pierre ! » écrivait l’auteur breton Charles le Goffic.
La « grande pêche », pratiquée sur les bancs de Terre-Neuve, a connu son apogée vers 1900. À cette époque, les armateurs bretons employaient chaque année des centaines de jeunes garçons, âgés de 8 à 17 ans, pour faire sécher les morues sur le rivage de l’île Saint-Pierre, dernière colonie française d’Amérique du Nord. Ces enfants étaient surnommés « les petits graviers ».
Entassés dans des baraques de fortune, soumis à l’autorité de « maîtres de grave » violents et sans pitié, les graviers vivaient et travaillaient dans des conditions épouvantables pendant les sept à huit mois que durait la campagne de pêche. Ceux qui en revenaient ne touchaient que quelques francs pour prix de leurs souffrances et se muraient dans le silence ; traumatisés et honteux de si peu de considération.
Ces récits ne font pas partie de la mémoire collective bretonne. Cette histoire a-t-elle été cachée volontairement ou oubliée ?
En 1903, le grand écrivain Charles Le Goffic avait mené l’enquête dans la région de Paimpol sur cette inimaginable traite d’enfants. Seule enquête sur le sujet en un siècle. Il en a sorti un livre bouleversant : « les graviers de Saint-Pierre, la traite des enfants en 1900 ».
Intervenant.e.s
– Alexis Gloaguen, écrivain et petit-fils de gravier
– Laurent Giraudineau, réalisateur , auteur du documentaire
« Petits graviers de Saint-Pierre »
Prises de son, réalisation et mix
Aurélien Frances
Mise en ligne
1 avril 2026
Enregistrements
novembre 2025
Production
Silence podcast
Crédit photo
Artlist
Crédits musique (libre de droits)
– Les petits graviers – Brise Glace Orchestra
– Pilgrims Song – Louis Adrien
Crédit vidéo
Extrait du film « la grande pêche à la Morue » – 1950 – Terre-neuvas