De mes 25 ans de Story, je garde une série de clichés improbables réalisés en 2009 sur les toits de la radio. Une idée de notre webmaster pour la promotion de l’interview de Jim Kerr que je venais de réaliser.
Alors, je profite de cette vue imprenable sur Bruxelles avec Jim Kerr, le chanteur emblématique de Simple Minds, les leaders de la New Wave avec U2 dans les années 80, pour nous remémorer quelques souvenirs de leurs débuts. Ce temps où la fin des années 70, tout début 80, ils étaient de ces musiciens cultes avec les Stranglers, The Cure, Orchestral Manoeuvres à hanter certaines salles bruxelloises, réunissant une faune d’ados aux coiffures à la mode pétard et à la mine très sombre.
Toute une époque où la Belgique offre une première reconnaissance à l’étranger pour ces artistes britanniques post punks. C’est marrant ! exactement dix ans après Genesis. Je raconte à Jim la venue de la bande à Phil Collins et Peter Gabriel arrivant avec une voiture et une camionnette pour leur premier concert à l’étranger, avec la batterie de Phil montée sur des bacs de Jupiler.
Lui me parle d’un club en 1979, l’ancienne boîte le Canotier, à Auderghem, où il n’y avait vraiment personne et puis c’est l’Ancienne Belgique, et bien sûr l’émission Folllies de Gilles Verlant, c’est pas tous les jours qu’ils passaient à la télé. Gilles Verlant qui avait organisé le fameux concert au Canotier et grâce auquel je savais qu’il n’y avait eu 12 personnes dans la salle.
Alors je lui raconte les filles qui venaient acheter leurs premiers disques, ils en sortaient beaucoup à l’époque, quand je jobbais chez Caroline Music. Leur album Sons and Fascination portait bien son nom. C’est vrai, ça se lisait dans les yeux de celles et ceux qui apportaient leurs pochettes étranges en demandant d’écouter. C’était pas la musique de tout le monde, Simple Minds. Et puis il y avait l’attitude du chanteur. On disait qu’il était ecossais. Ça nous étonnait. Glasgow, c’était surtout un club de foot, pas une ville rock.
Il y avait sa démarche, très particulière, et cette façon de se baisser en croisant les jambes et en touchant le sol, comme David Bowie dans le clip de Ashes to Ashes.
Et puis au cours de l’été 1981, il y a eu ce jour où j’ai entendu en plein après-midi, un animateur d’Europe 1 annoncer le nouveau single de Simple Minds. Quoi ? Les Minds sur les longues ondes ? Ce n’est pas possible, c’est impensable ! Mais dès les premières mesures, ce n’est plus vraiment la même musique, on comprend qu’ils passent la vitesse supérieure. Il n’y aura plus de canotier ni d’Ancienne Belgique, même le Cirque Royal ne sera plus suffisant pour accueillir les nouveaux fans. Simple Minds à Forest National, en tête d’affiche de Torhout Werchter et puis ce sera le Live Aid, N°1 aux Etats-Unis.
Quarante-cinq ans après, il reste tous ces souvenirs partagés avec une génération qui a fait de cette new wave la bande son d’une adolescence, d’une vie de jeune adulte, l’époque des cassettes à fond de balle dans la voiture et de l’empressement à rentrer chez soi pour découvrir un 33 Tours sur la platine. Ça raconte ça, les 25 ans de Story et ça se passe parfois sur un toit avec Jim Kerr, avec la vue sur tout Bruxelles.
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