Rencontre avec Éliane Viennot à l’occasion de la parution de La forteresse assiégée : La France, les femmes et le pouvoir 1860-2000 aux éditions CNRS.


Éliane Viennot est professeuse émérite de littérature de la Renaissance. Elle a enseigné la langue et la littérature française dans les universités de Washington (Seattle, USA), de Nantes, de Corse, de Saint-Étienne.


Spécialiste de Marguerite de Valois et d’autres femmes d’État de la Renaissance, elle s’intéresse plus largement aux relations de pouvoir entre les sexes et à leur traitement historiographique sur la longue durée. Elle s’est notamment investie dans les campagnes pour le droit à l’avortement, pour la parité, et pour l’institutionnalisation des études féministes.


Elle a notamment publié Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin : Petite histoire des résistances de la langue française aux éditions iXe (2017).

Ce livre est le cinquième tome de la série La France, les femmes et le pouvoir entamé en 2006.



La forteresse assiégée : La France, les femmes et le pouvoir 1860-2000


Célébrée comme le temple du savoir, l'Université fut d'abord, pour les hommes, un formidable outil de renforcement de la domination masculine, en leur permettant durant sept siècles d'accéder seuls aux professions lucratives, aux positions de pouvoir, aux honneurs, au prestige.

C'est dans cette forteresse que Julie-Victoire Daubié ouvre une première brèche en 1851, lorsqu'elle parvient à passer le baccalauréat. Dès lors, comme le dit un contemporain mécontent, « c'est l'engrenage » : sous l'impulsion des luttes féministes, les monopoles tombent un à un.

À la fin du XXe siècle, une autre étape décisive est franchie. La révision constitutionnelle favorisant « l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives » ouvre un nouvel horizon pour les femmes : la conquête de 50 % de tous les biens et pouvoirs.


Dans ce cinquième et dernier volume de La France, les femmes et le pouvoir, Éliane Viennot retrace l'inexorable progression de l'égalité des sexes dans notre pays.

Mais elle documente avant tout l'énergie, l'inventivité, la roublardise, la mauvaise foi, la violence de ceux qui n'en voulaient pas. Ils mirent tout en œuvre pour la bloquer, depuis le vote des « lois scélérates » jusqu'à l'écriture de l'Histoire, en passant par les manœuvres des boys clubs et la promotion de ce qu'on appelle aujourd'hui la culture du viol.


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