Cette idée étonnante est au cœur d'une étude scientifique rendue publique en juin 2026 par une équipe américaine dirigée par le chercheur Sami Kanaan.
Pour comprendre cette découverte, il faut d'abord expliquer un phénomène appelé microchimérisme.
Pendant la grossesse, le placenta permet des échanges entre la mère et le fœtus. Mais ces échanges ne concernent pas uniquement l'oxygène et les nutriments : des cellules vivantes peuvent également traverser cette barrière, dans les deux sens.
Ainsi, certaines cellules de la mère pénètrent dans l'organisme de son enfant. Et inversement, certaines cellules du bébé s'installent dans celui de sa mère.
Le plus surprenant, c'est que ces cellules étrangères peuvent survivre pendant des décennies.
Mais peuvent-elles réellement atteindre le cerveau ?
Pour le vérifier, les chercheurs ont analysé des échantillons cérébraux prélevés chez des enfants et adolescents opérés pour une épilepsie sévère.
Ils ont recherché des signatures génétiques appartenant à leur mère, mais différentes de celles de l'enfant.
Le résultat est spectaculaire : des traces de cellules maternelles ont été détectées chez 70 % des 37 enfants étudiés.
Ces cellules étaient présentes dans plusieurs régions cérébrales, notamment l'hippocampe, qui intervient dans la mémoire, et les lobes frontaux, impliqués dans les fonctions intellectuelles.
Leur quantité était généralement minuscule : en moyenne, environ deux cellules maternelles pour 100 000 cellules cérébrales.
Mais leur présence soulève une question fascinante : à quoi servent-elles ?
Les analyses suggèrent que certaines peuvent acquérir les caractéristiques de neurones ou de cellules chargées de protéger et d'entretenir le cerveau.
D'ailleurs, des expériences réalisées chez la souris avaient déjà montré que des cellules maternelles participaient au développement des circuits cérébraux.
Chez l'être humain, cependant, leur fonction exacte reste inconnue. Rien ne prouve qu'elles influencent nos souvenirs, nos émotions ou notre personnalité.
Les chercheurs ont également identifié des cellules génétiquement distinctes dans des cerveaux d'adultes âgés, suggérant que ce phénomène pourrait persister toute la vie.
Il faut néanmoins rester prudent : l'étude de 2026 est encore une prépublication, qui n'a pas été évaluée par d'autres scientifiques.
Mais elle ouvre une perspective extraordinaire : notre cerveau ne serait pas exclusivement constitué de cellules possédant notre propre patrimoine génétique.
Une petite partie pourrait provenir directement de notre mère, bien avant notre naissance.
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