Giulia Fontana, classe 1996, est de celles qui prennent leur temps. Un sourire moqueur aux lèvres. Un an en résidence à la prestigieuse Casa degli Artisti de Milan pour accoucher artistiquement non pas une mais quatre fois. Un Ep par cycle de saison. Automne, hiver, été. Un agenda de l’enfer pour son label Undamento. Mais Hån (« petite blague » en suédois)avait besoin d’un ménage de printemps. Abandonner l’anglais, langue mainstream par excellence de ses premières sorties discographiques dès 2016. Retrouver l’italien et se sentir de nouveau sincère : appréhender la fin du monde, d’un monde, de son monde, y faire coïncider sa colonne vertébrale sonore et imager son écriture urbaine d’une mélancolie de la nature presque rassurante : se faire fidèle comme un chien. Vendre une maison que l’on n’a pas, pour une paire de mains. Sur l’herbe, près d’un lac. Comme piller un Naturalia. Le jeu du paradoxe, Hån en joue sur tout : sa guitare est machinique, l’électronique se fait instruments quatre éléments, des machines naturelles en appui, qui soufflent, qui brûlent et une voix sans fioritures, frontale mais presque timide, de celle qui trouve le courage de dire : je m’en vais, je m’en vais, je m’en vais… de celle qui nous donne enfin le courage de dire : vous vous êtes bien servis. C’est notre tour. Nous aussi on s’en va, la caisse sous le bras.

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