Pour apprendre la photographie et travailler pour la Eastman Kodak Company, elle a dû se faire passer pour blanche. Des décennies plus tard, Florestine Perrault Collins le dira simplement : s'ils avaient su qu'elle était noire, ils ne l'auraient jamais laissée toucher un appareil.
Dans ce dernier épisode de la saison "Celles qui tenaient l'objectif", on retrace le parcours de cette photographe créole de La Nouvelle-Orléans, née en 1895 : une enfance écourtée par la précarité, un apprentissage obtenu au prix d'un mensonge sur sa propre identité, puis l'ouverture, au milieu des années 1930, de son propre studio sur South Rampart Street. Cette fois pour photographier sa communauté au grand jour, avec toute la dignité que la société raciste de son époque lui refusait ailleurs. D'après le recensement de 1920, elle était alors la seule femme photographe noire de toute la ville.
Contrairement aux quatre femmes précédentes de cette saison, son œuvre n'a jamais dormi dans un grenier oublié : c'est sa propre famille qui l'a conservée, avant que sa petite-nièce, l'historienne Arthé A. Anthony, ne lui consacre un livre et ne la fasse entrer au Metropolitan Museum et à la National Gallery of Art.
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