Ce semaine, je suis avec le sculpteur Yves Dana.

Yves est né en 1959 à Alexandrie. En 1961, après un exil forcé, il est arrivé en Suisse avec sa famille. Son parcours de sculpteur l'a conduit du fer au bronze, puis à la pierre, qu'il travaille depuis plus de trente ans dans ce magnifique atelier installé dans l'Orangerie du parc Mon-Repos à Lausanne.

Mais j'ai eu l'impression que derrière ces sculptures debout, parfois monumentales, restait la trace de L'exil. Car, tout comme l'exil, la sculpture passe aussi par l'arrachement, parce qu'il faut retirer de la matière pour faire apparaître une présence. L'œuvre apparaît parce que quelque chose a été enlevé. La forme naît d'une perte. Ce qui apparaît est inséparable de ce qui a disparu.

Mais là où l'exil impose la fuite, la sculpture d'Yves est un ancrage, une forme qui fait coexister la mémoire, la perte et la présence.

D'où viennent les formes sculptées ? Michel-Ange disait qu'elles étaient déjà dans la pierre et qu'il suffisait d'enlever ce qui était en trop pour les faire apparaître, mais peut-être sont-elles de pures inventions du sculpteur ?

Ecoutez la réponse d'Yves, mais pour commencer il m'a parlé de ce que toute sa vie, il a toujours cherché…

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