Il est toujours délicat de filmer les violences sexuelles au cinéma. Beaucoup de films choisissent la frontalité, d'autres la démonstration. Chicas tristes, premier long métrage de la réalisatrice mexicaine Fernanda Tovar, emprunte un chemin infiniment plus rare : celui de l'absence. L'agression n'y sera jamais montrée. Ce qui intéresse la cinéaste, c'est l'espace qu'elle ouvre derrière elle, ce territoire invisible où une adolescente tente de continuer à vivre alors que quelque chose, en elle, s'est irrémédiablement déplacé.

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